vendredi 5 décembre 2008

Présentation et accueil

DES CAPRITYROS Des caprityros ? Kèkecekça ? Un nom barbare pour une réalité bien connue, et pas forcément si simple que cela : des étiquettes de fromages de chèvre. Tyro vient du grec turos, qui signifie fromage : caprityros ne signifierait donc que fromage de chèvre ? Oui, mais cette racine est utilisée ici comme abréviation de « tyrosème » qui, faisant appel à la racine grecque sêmeion, prend le sens de signal, signe, image. Alors, le nom complet devrait être caprityrosèmes. Voilà, le point sémantique est terminé. Présenter sur ce site des étiquettes de fromages de chèvre nécessite bien évidemment des choix : il est strictement impossible de les présenter toutes. Le choix est donc forcément subjectif. Présentées par départements, elles vont tenter de représenter les étiquettes anciennes comme nouvelles, provenant d’exploitations fermières comme de laiteries, en tenant compte de leur esthétique, de leur humour ou de leur intérêt spécifique.

La place accordée aux étiquettes de fromages de chèvre dans la littérature spécialisée est très faible : il est vrai que le roi des étiquettes, sans conteste aucun le camembert, a mobilisé l’essentiel du travail des auteurs et des collectionneurs. C’est pourquoi il convient de saluer les quelques pages (pp. 233-236) que Jean-Noël Passal leur consacre dans son excellent livre « L’esprit de la chèvre » publié en 2005 aux Editions Cheminements.

Mais le monde des collectionneurs d’étiquettes de fromages (c’est-à-dire les tyrosémiophiles) compte cependant des membres spécialisés en chèvre, que ce soit autour d’une appellation déterminée (exemple : picodon, rocamadour), d’une région naturelle, d’une province ou encore d’un département ; d’autres s’intéressent à l’ensemble de la production fromagère caprine, française ou mondiale, que ce soit de manière exclusive ou aux côtés de fromages élaborés à partir d’autres laits. Les caprityros ont d’autant plus besoin d’être mieux connues et reconnues que la production fromagère caprine s’est maintenant largement diffusée à l’ensemble de la France : comme on le verra, il est difficile de trouver un département qui ne produise pas « ses » fromages de chèvre ; la « France du nord » fait désormais bon accueil aux biques représentatives de la « France du sud ». Bien sûr, une part importante de ces productions fermières est commercialisée à proximité des lieux de production. Et alors, bien souvent sans caprityros… pour la grande peine des collectionneurs. Mais les étiquettes deviennent indispensables aux producteurs dès qu’ils veulent diffuser leurs produits au-delà de leur environnement immédiat et/ou dans les supermarchés. Une attention particulière est apportée ici à la dimension historique portée par certains caprityros. Les AOC faites de manière exclusive avec du lait de chèvre, sont aujourd’hui les suivantes :

APPELLATIONS

date 1er décret AOC

Banon

23 juillet 2003

Chabichou du Poitou

29 juin 1990

Charolais

à venir ?

Chevrotin

2002

Crottin de Chavignol

29 décembre 1986

Mâconnais

2006

Pélardon

26 août 2000

Picodon

26 avril 1996

Pouligny-Saint-Pierre

29 décembre 1986

Rocamadour

16 janvier 1996

Sainte-Maure-de-Touraine

1990

Selles-sur-cher

29 décembre 1996

Valençay

13 juillet 1998

Mais il n’en a pas été toujours ainsi : nous verrons le temps des saint-marcellin pur chèvre, tout comme celui des banons de vache. Ce n’est donc que de manière progressive, notamment avec les négociations et les réflexions nécessitées par la mise en place des AOC, que cette spécialisation s’est affirmée. Il est vrai que jusqu’au début du XXème siècle, en raison de la faible taille et de la variété des troupeaux des fermes, la pratique des laits de mélange, à deux ou trois laits, était largement répandue. Par la suite, l’élargissement de la diffusion commerciale des produits a conduit à établir une spécialisation. Cependant, on note aujourd’hui une tendance à un certain retour vers ces produits au lait de mélange, qui devront donc figurer parfois dans les étiquettes présentées.

Précisions techniques

1. Compte tenu des grandes différences de taille des étiquettes (voire des papiers d'emballage), il est apparu utile de faire connaître, pour chaque étiquette présentée, ses dimensions en centimètres, chaque fois que cela est possible.

2. L'une des plus grandes difficultés rencontrées par les tyrosémiophiles est la question de la datation des étiquettes : on ne sait rarement quand une étiquette a été utilisée pour la première fois, et quand elle a cessé de l'être. Les dates certaines apportées par les dépôts de marque doivent être considérées comme des indications : ces étiquettes ont pu n'être jamais utilisées, ni même imprimées, tout comme elles ont pu être aussi utilisées avant la date du depôt de marque....

3. Les images présentées ici proviennet de plusieurs collections, qui seront ainsi notées :

- coll. ED, pour celle d'Eric Delpierre, dont nous vous recommandons de parcourir le site letyrosémiophile.com,

- coll. EB, pour celle d'Etienne de Banville, collectionneur stéphanois,

- coll. CL, pour celle de Corinne Larroussie, collectionneuse lotoise,

- Coll. MM, pour celle de Michèle Mangin, de Nancy, grande connaisseuse des fromageries de l'Est de la France et de leurs étiquettes.

- de la même manière seront notées les appartenances des divers caprityros qui seront progressivement inclus.

Enfin, cette présentation d'étiquettes est évolutive et chacun d'entre vous peut lui- même nous adresser des caprityros (ou leur image scannée) pour publication sur le site.